Dieu seul DIEU Seul - Plaire à Dieu

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Saint Jean de Croix

La vive Flamme d'Amour
Oeuvres mystiques
Sept péchés capitaux
Purification du sens
Se confier à Dieu
Avantages pour l'âme
Purification de l'esprit
Imperfections des avancés
Contemplation obscure
Tourments spirituels
Peines et angoisses
Illumination de l'esprit
Explication
D'amour de Dieu
Purgatoire
Effets délicieux
La bienheureuse fortune
Contemplation secrète
L'Echelle secrète


Les dix degrés de l'échelle mystique de l'amour divin

Au quatrième degré de cette échelle d'amour, l'âme endure continuellement et sans se lasser pour l'amour du Bien-Aimé. En effet, au témoignage de saint Augustin, « les oeuvres les plus considérables, les plus difficiles, les plus pénibles, sont réalisées par l'amour, comme s'il s'agissait de choses de rien ». L'épouse avait atteint ce degré quand, désirant parvenir au dernier, elle disait à l'Epoux : "Mets-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras, parce que l'amour est fort comme la mort et la jalousie dure comme l'enfer" (Ct 8,6).
Ici l'esprit se troue revêtu d'une énergie si puissante qu'il tient la chair captive et n'en fait pas plus de cas qu'un arbre n'en fait d'une de ses feuilles. L'âme ne recherche plus aucunement sa jouissante et sa consolation ni en Dieu ni hors de Dieu ; elle ne désire ni ne demande les faveurs de Dieu, parce qu'elle sait en avoir reçu un grand nombre, et que son unique préoccupation est de plaire à Dieu, de lui rendre quelque service en retour de ce qu'elle tient de lui et de ce qu'il mérite, quand bien même il devrait lui en coûter toutes sortes de peines. Elle dit à Dieu en son coeur : Hélas ! mon Seigneur et mon Dieu ! Nombreux parmi les mortels sont ceux qui cherchent en toi leur jouissance et leur consolaion, qui te demandent des dons et des faveurs. Mais qu'ils sont rares, ceux qui aspirent à te plaire et à te servir à leurs dépens et dans l'oubli de leur intérêt propre ! Ce n'est pas toi, ô mon Dieu, qui refuses de nous faire de nouvelles grâces, c'est nous qui ne savons pas t'obliger à nous en combler, en les recevant dans la seule vue de te servir.

Ce degré d'amour est très élevé. Mais tandis que cette âme, animée d'un véritable amour, importune continuellement Dieu, afin qu'il lui accorde de souffrir pour lui, Sa Majesté lui donne souvent et même très habituellement la jouissance ; il la visite spirituellement d'une manière suave et délicieuse. C'est que, dans son immense amour, le Verbe Jésus-Christ ne peut voir souffrir son amante sans lui venir en aide. Lui-même l'affirme par la bouche de Jérémie, en disant : "Je me suis souvenu de toi et j'ai eu pitié de ton adolescence ... lorsque tu me suivais au désert" (Jr 2,2). Au sens spirituel, ce désert est le détachement intérieur de toutes choses, dans lequel l'âme se trouve établie, détachement qui ne la laisse s'arrêter ou se reposer en quoi que ce soit.
Le quatrième degré enflamme tellement l'âme et allume en elle un tel désir de Dieu qu'il lui fait gravir le cinquième.

Au cinquième degré de l'échelle d'amour, l'âme est tourmentée d'un impatient désir de Dieu. Sa soif d'embrasser le Bien-Aimé et de s'unir à lui est d'une telle véhémence que le moindre délai lui semble long, ennuyeux et pénible à l'excès. Elle se croit toujours sur le point de joindre celui qu'elle aime, et, se voyant presque à chaque pas déçue dans son attente, elle défaille de désir, selon la parole du psalmiste en ce degré d'amour : "Mon âme a désiré jusqu'à la défaillance les parvis du Seigneur" (Ps 83,2). En ce degré, il faut que l'amante voie son désir satisfait, ou qu'elle meure. Rachel de même, soupirant après le bonheur d'avoir des enfants, disait à Jacob, son époux : "Donne-moi des enfants, ou je meurs" (Gn 30,1). ET David : "Ils souffriront une faim violente comme celle des chiens, et ils feront le tour de la cité de Dieu" (Ps 58,7).
Dans cette faim intolérable, l'âme se nourrit d'amour, et son rassasiement est en proportion de sa faim. Aussi atteint-elle le sixième degré, dont nous allons dire les effets.

Les cinq derniers degrés de l'échelle mystique de l'amour

  Au sixième degré, l'âme court légèrement vers Dieu et reçoit fréquemment ses touches. Elle court sans défaillir, parce que l'amour lui donne des forces et soutient la légèreté de son vol. C'est de ce degré que parle Isaïe lorsqu'il dit : "Ceux qui espèrent en Dieu changeront de force. Ils prendront des ailes semblables à celles de l'aigle, ils voleront et ne défailliront pas" (Is 40,31), comme ils le faisaient au cinquième degré. A ce degré se rapporte encore ce verset du psaume : "Comme le cerf altéré désire les fontaines d'eau vive, ainsi mon âme soupire après toi, mon Dieu" (Ps 41,2). Le cerf altéré s'élance avec légèreté vers les eaux. Ce qui communique à l'âme cette légèreté de l'amour, c'est que la charité s'est extrêmement dilatée en elle et que sa purification est maintenant presque parfaite. Un autre psaume nous dit : "J'ai pris ma course, affranchi de l'iniquité" (Ps 58,5). Et un autre encore : "J'ai couru dans la voie de tes commandements quand tu as dilaté mon coeur" (Ps 118,32). Aussi de ce degré l'on passe rapidement au suivant. Septième degré de l'échelle mystique