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L’HUMILITE ET LA CHARITE

Ce sont là les qualités fondamentales dont toutes les autres dérivent, auxquelles toutes se rapportent, et sans lesquelles il n’y a pas de sainteté.

L’humilité se présente sous deux aspects :
- La conscience de notre néant métaphysique devant l’Absolu.
- La conscience de notre imperfection personnelle.

Cette seconde humilité implique non seulement un flair implacable pour nos limites et faiblesses, mais en même temps la capacité de voir les qualités de notre prochain, car une vertu qui est aveugle pour celle d’autrui se détruit elle-même.
La conscience de notre insuffisance individuelle résulte du caractère forcément fragmentaire de l’ego; en d’autres termes, qui dit ego dit imperfection partielle à l’égard d’autres individus.
L’humilité est d’ailleurs due à toutes les créatures, puisque toutes manifestent des qualités et glorifient Dieu à leur manière.
Parmi les vertus, la position de l’humilité est particulière – comme celle du sommet dans le triangle - parce qu’elle se conforme à Dieu, non par « participation », mais par « opposition », en ce sens que l’attitude d’humilité, de pauvreté ou d’effacement est analogiquement opposée à la Majesté divine.
L’humilité se distingue donc des autres vertus par le fait qu’elle marque une participation relativement indirecte au Prototype divin.

Quant à la charité, elle est l’abolition de la distinction égocentrique entre « moi » et l’« autre » : c’est voir l’« ego » dans l’« autre » et celui-ci dans celui-là.

L’humilité et la charité sont les deux dimensions de l’effacement : elles sont pour parler en symbolisme chrétien, comme les branches verticale et horizontale de la croix.
L’un peut se réduire à l’autre : l’humilité est toujours dans la charité et inversement.
Il faut être humble parce que l’ego a tendance à se croire plus que ce qu’il n’est; Il faut être charitable parce que l’ego a tendance à n’aimer que soi-même.
Même sur le plan purement intellectuel, l’humilité et la charité sont loin d’être superflues en fait, puisque le support de l’intellection est l’individu humain qui n’est pas pure lumière; un esprit contemplatif qui néglige, par simple « oubli » peut-être, ces vertus intérieures et essentielles – l’intelligence fût-elle d’une prodigieuse acuité- n’est pas à l’abri de l’erreur, du moins, sur le plan de certaines relativités, non sur celui des principes, ni dans le cadre d’une infaillibilité qui est garantie par des conditions relevant de la tradition.

Certes, l’intellect implique et garantit les vertus fondamentales dans la mesure de son « actualité », en sorte qu’il est contradictoire d’attribuer à une haute intelligence métaphysique de l’orgueil ou de l’égoïsme; mais il y a quasiment toujours, entre l’intellect et l’homme une marge suffisante pour justifier un effort conscient vers la perfection morale, car la vérité, comme toutes les choses nobles, a des exigences. L’homme ne peut rien sans Dieu; or la vertu, c’est ne rien faire sans Dieu.

Être vertueux, c’est être parfaitement soi-même : C’est retourner à notre harmonie primordiale, notre réalité ontologique; sans la vertu, tout se dissipe ou se pétrifie tout devient stérile. La vertu est une présence de l’Être divin dans la volonté et le sentiment, comme la beauté est la présence du Divin dans la forme.
Dépasser les vertus signifie, non les rejeter dans leurs contenus positifs, mais les rejoindre dans leur source universelle et impersonnelle, au-delà de l’ego et dans le pur « être ».

Frithjof Schuon
« Images de l’Esprit »