Dieu seul DIEU Seul

DIEU Seul Dieu le Père Connaitre Dieu Union à Dieu Royaume de Dieu Spiritualité

Thérèse de Jésus
Chemin de la perfection

Chapitre 15
Chapitre 16 et 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22 & 23
Chapitre 24 & 25
Chapitre 26
Chapitre 27 & 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33 & 34
Chapitre 35
Chapitre 36 & 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Chapitre 41
Chapitre 42

LE CHEMIN DE LA PERFECTION
Chapitre 36

Pardonne-nous nos offenses

Notre bon Maitre sait que le Pain céleste nous facilite tout et nous aide à exécuter la volonté de Son Père. Aussi Lui demande-t-il de nous pardonner comme nous pardonnons et non comme nous pardonnerons. Car après avoir reçu ce pain et après avoir soumis notre volonté à la Sienne, nous devons tout de suite pardonner ou être résolu à le faire.

Les Saints sont heureux d’être persécutés et injuriés car c’est pour eux un moyen d’offrir quelque chose à Dieu en retour de ce qu’ils Lui demandent. Quelle immense grâce Dieu nous accorde en nous pardonnant nos fautes qui méritent le feu eternel. Il exige de nous une condition insignifiante qui est de pardonner les fautes d’autrui envers nous et qui ont des raisons banales. Votre pardon Seigneur est gratuit et votre miséricorde immense. Je demande à tout le monde de ne pas tenir compte des injures car il faut comprendre où réside le vrai honneur de l’âme : le profit de l’âme ne s’accorde pas avec l’honneur du monde.

Même dans les monastères, mes chères sœurs, le démon ne nous oublie pas, invente des points d’honneur et établit des lois : des religieuses montent et descendent en dignités, et l’honneur exige de monter sans jamais descendre. La personne qui descend se sent alors atteinte dans ses droits et trouve des personnes qui l’approuvent. Où est donc l’humilité ?

O mon Seigneur avez-vous perdu votre gloire en vous humiliant jusqu'à la mort ? C’est par là que Vous nous avez tous élevés. Et le comble, mes sœurs, c’est que nous croyons avoir beaucoup fait quand nous pardonnons les bagatelles et les injures que nous subissons. Merci Seigneur de nous pardonner quand même nos fautes, c’est un pur effet de Votre miséricorde.

Si notre Seigneur a demandé que nous soyons pardonnés parce que nous pardonnons, c’est parce que Dieu apprécie que nous nous aimions les uns les autres, c’est l’amour Qu’Il veut plus que les pénitences, les prières et les jeûnes.

Quand une âme a reçu de Dieu les faveurs qui accompagnent la contemplation parfaite, elle sera déterminée à pardonner n’importe quelle injure. D’ailleurs ces âmes ne se sentent pas atteintes par les injures. Elles sont indifférentes à l’estime et au mépris. Elles ne pensent qu’au Royaume de Dieu. De toute façon les délices de la contemplation ne sont accordés qu’à des âmes qui ont généreusement souffert pour Son amour. Ces âmes contemplatives savent que grâce aux tribulations elles s’enrichissent. Aussi n’ont-elles aucune bonne opinion d’elles-mêmes parce qu’elles savent que cela ne les fera pas avancer dans le Royaume éternel.

L’âme qui approche de Celui qui est la miséricorde, qui voit à cette lumière ce qu’elle est et ce que Dieu lui a pardonné, ne peut pas ne pas pardonner sur le champ. Elle rend amour pour amour.


Chapitre 37

Excellence particulière du Pater

Cette prière évangélique est sublime : nous y découvrons la Sagesse de notre Maître et nous ne saurons Lui manifester toute notre reconnaissance. Chacune de vous, mes filles, peut en user selon les besoins de son âme. Méditez-en le contenu, vous constaterez qu’en peu de paroles, elle renferme tout ce que les livres peuvent dire de la contemplation et de la perfection.

Je me demande pourquoi le divin Maître n’a pas donné des explications plus claires. Il me semble que puisqu’elle est adressée à tous les chrétiens, chacun peut alors appliquer les termes à ses intentions et être sûr qu’ils contiennent tout le sens. Les contemplatifs par exemple, demandent par l’intermédiaire de cette prière les faveurs du ciel. Ceux qui sont dans le monde ont d’autres intentions pour leurs familles, le pain terrestre et autres nécessités. Cependant le don de notre volonté et le pardon des offenses causées par les autres, concernent tout le monde. Le divin Maître reçoit tout ce que nous Lui offrons. Il a conclu avec Son Père un pacte qui nous concerne tous : « Seigneur, dit-Il, faites cela et mes frères feront ceci. » Pour mériter les bontés du Père, nous devons dire cette oraison avec le désir sincère d’accomplir ce qu’elle exprime. Dieu aime que nous soyons véridiques, francs et clairs. Parlons avec Lui du fond du cœur, et Lui se plaît à nous combler au-delà de nos demandes.

Comme Notre Seigneur connaît les dangers que peuvent rencontrer les âmes parfaites enivrées par les délices du ciel. Il sait qu’elles peuvent oublier qu’elles ont des ennemis à combattre, Il le leur rappelle en demandant à Son Père les deux dernières demandes : « Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal ». O Sagesse éternelle ! O Maître incomparable, je n’ai pas de termes pour peindre un si grand bonheur : Nous vivons dans une sécurité profonde avec Dieu !