Dieu seul DIEU Seul

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Thérèse de Jésus
Chemin de la perfection

Chapitre 15
Chapitre 16 et 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22 et 23
Chapitre 24 & 25
Chapitre 26
Chapitre 27 & 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33 & 34
Chapitre 35
Chapitre 36 & 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Chapitre 41
Chapitre 42

LE CHEMIN DE LA PERFECTION
Chapitre 15

Il ne faut point s’excuser, même quand on est condamné sans être coupable.

J’aurais bien voulu avoir assez d’expérience concernant cette vertu, pour vous en parler, j’avoue que mes progrès dans ce domaine sont lents et limités. Très souvent, je trouve qu’il est préférable de m’excuser, cela est permis, car ce serait mal d’y manquer, cependant, je ne suis pas assez humble pour savoir bien discerner ce que je dois faire au juste. En réalité, il faut être vraiment humble pour se voir condamnée sans être fautive, et ne pas se défendre. Cette attitude est une imitation de Jésus-Christ, car Il a tout pris sur Lui, alors, mes filles, donnez-vous de tout votre cœur parce que cette vertu a de précieux avantages. Je ne trouve aucun avantage à nous disculper, à moins de causer de la peine à autrui en ne déclarant pas la vérité.

Il faut s’exercer à cette vertu qui nous apprend l’humilité comme Notre Seigneur. La vraie humilité consiste à désirer d’être méprisée et persécutée sans raison, tout en demandant le secours et l’aide de Dieu.

Je voudrais que cette vertu soit l’objet de notre étude et de notre pénitence. Je ne suis jamais pour les pénitences excessives, car elles affaiblissent la santé, mais par contre pour cette vertu et les vertus intérieures, elles procurent l’énergie à l’âme. Pour ma part, si on m’accusait de quelque mal, c’était toujours au dessous de la vérité, et si j’étais innocente, je me sentais coupable envers Dieu. Donc c’était pour moi une grande grâce qu’on ne dévoile pas toutes mes fautes. Mieux vaut être accusée injustement que de déclarer toutes mes erreurs commises.

Comme on gagnerait à acquérir cette vertu, car nous ne sommes jamais exemptes de fautes, même le juste pèche sept fois par jour.

O Seigneur, combien Vous avez souffert, sans avoir commis de fautes, Vous ne l’avez pas mérité. Je ne comprends pas comment à des moments, je ne voulais pas souffrir. Comment donc j’ose penser que je peux m’excuser quand je suis accusée injustement ? Si je possède un don Seigneur, c’est Vous qui me l’avez donné, sans tenir compte de mes mérites ou mes démérites, parce que je suis indigne d’une telle faveur. Comment pourrai-je désirer que l’on dise du bien de moi quand on a dit tant de mal de Vous ? Eclairez-moi Seigneur et faites que je désire que le monde me haïsse, moi qui Vous ai délaissé, alors que Vous m’aimiez avec tant de fidélité. Quel gain obtiendrons-nous à contenter les créatures ? Si elles nous accusent injustement qu’allons-nous perdre à Vos yeux ?

L’accusateur se sentira honteux et confus, mes filles, si vous gardez, le silence. Nous n’avons pas l’autorisation de prêcher par la parole, prêchons au moins par l’exemple. Ne pensez pas, mes filles, que vous resterez sans défenseur. Notre Seigneur a pris Lui-même, la défense de Marie- Madeleine à deux reprises, une fois chez le Pharisien et l’autre en calmant, Marthe sa sœur qui l’accusait. Personne n’a défendu Notre Seigneur, mais Il a permis au bon larron de le défendre juste avant Sa mort, mais pour vous Il agira autrement, et suscitera un défenseur quand il le faudra.

Cependant, je ne voudrais pas que le motif de trouver des défenseurs, vous pousse à pratiquer une si belle vertu, je voudrais que vous sentiez la joie d’être blâmées, injustement, au fond du cœur. Vous sentirez la liberté d’esprit, et une indifférence à l’égard de tout ce que l’on dit de vous. J’avoue que cette pratique est dure à pratiquer à ses débuts, mais avec la grâce de Dieu, on peut obtenir l’abnégation de soi, et le détachement.